mardi 3 avril 2012

Insécurité : Les agresseurs de l’automobiliste route Gaya étaient en réalité des vrais militaires

Survenue dans la nuit du mercredi 23 au jeudi 24 février 2012 sur la route de Gaya, cette agression physique commise sur le nommé Abdul rahman Seydou Abass ressortissant de la région de Dosso résidant en Belgique, avait crée un grand malaise dans la grande famille des porteurs de l’uniforme.
En effet, les différentes informations données par la victime sur ses agresseurs, ne laissent guère de place à une quelconque équivoque sur leur appartenance à l’armée ou à un corps paramilitaire. Pour un rappel des faits, les deux bandits sont des militaires habillés pour la circonstance en tenue de gendarme. Il s’agit des soldats de 2e classe Mahamane Mourtala Hassane et Abdoulkader Magagi tous deux appartenant au 72e Bataillon d’Agali Dosso. Armés d’un P.A factice « en plastique » suspendu à la hanche et d’une machette dissimulée sous la tenue, ils étaient en apparence de vrais gendarmes.

Comme terrain de prédilection, ils avaient choisi le village de Gouiwa à 15 km de Gaya où selon des témoins, ils se seraient montrés au paravent nombre de fois. C’est donc à ce niveau que le malheureux automobiliste a embarqué ses deux bourreaux pour destination Dosso. Après quelques km de route, l’un d’entre eux demande au conducteur de s’arrêter afin qu’il puisse faire ses besoins. C’est ainsi qu’ils le tapèrent avec une bouteille à la nuque, le tirèrent du véhicule et se mirent à le massacrer à coups de machette. Tombé, ils le trimballèrent derrière le véhicule, en ajustant sa tête au niveau d’un pneu arrière et tentent de faire marche arrière pour l’écrabouiller.

Mais Dieu étant le seul maître de chaque situation, ils tentèrent en vain de mettre la marche arrière sans y parvenir. Constatant qu’ils perdent du temps et le croyant déjà mort, ils le jetèrent dans les broussailles et s’emparent du véhicule. A quelques km de Dosso, ils quittèrent le bitume pour éviter de passer par le poste de police. Mais dotée d’un système électronique méconnu de nos deux bandits, la voiture tomba en panne au niveau du village de Kofadey. Ils font appel à un électricien qui a tenté sans succès de remettre en route le moteur. C’est ainsi qu’ils finirent par l’abandonner où elle fut retrouvée et signalée par les villageois.

Pendant ce temps, transportée à l’hôpital régional de Dosso, la victime a pu être sauvée de justesse où revenue à elle, elle a donné des informations très précises ayant permis aux gendarmes de vite remonter la piste à partir du village de Gouiwa. En effet, avant d’embarquer dans le véhicule, un des militaires aurait demandé de l’eau à boire à un villageois avec lequel, il semblait avoir des rapports. Plusieurs autres personnes avaient confirmé la présence des deux malfrats dans le village. C’est ainsi qu’une séance d’identification avait été menée à la 72e bataillon d’Agali en présence d’un des villageois qui a confondu sans peine les deux militaires.

Ainsi devant les vrais gendarmes, les faux gendarmes ont reconnu sans aucun détour les faits qui leurs sont reprochés. Cette grave affaire de nature à aliéner la belle image de nos braves soldats, a malheureusement été appréciée autrement par certains esprits assujettis à la seule cause politicienne, et n’hésitant pas à mettre une forte pression dans l’espoir d’obtenir la libération des deux militaires. Il est vrai que l’impunité a encore de beaux jours devant elle dans notre pays, mais nous éprouvons énormément du mal à comprendre qu’un homme politique aussi de la mouvance soit-t-il s’arroge le pouvoir de protéger des tueurs en puissance, pris en flagrant délit.

En effet, après que nos deux bandits aient avoué leur crime, des coups de fils seraient venus de Niamey pour demander leur libération à partir de la gendarmerie. Mais déjà saisies de l’affaire, les juridictions compétentes ont fait déférer les deux bandits à la maison d’arrêt de Dosso où ils ont été présentés au juge d’instruction le lundi 5 mars 2012. Ils sont accusés de vol de nuit en ré avec armes, commis avec violence ayant laissé des traces de blessures. S’ils sont reconnus coupables des faits qui leur sont reprochés, ils passeront de longues années à l’ombre. Loin de salir nos braves soldats de ce bataillon, il est quand même connu de tous, que beaucoup parmi eux jouissent de mauvaises réputations, eu égard à certains comportements qui n’honorent pas le métier.

Autres victimes collatérales de cette affaire, ce sont surtout les gendarmes de Dosso qui ont beaucoup payé les frais, d’une triste célébrité, car salis à tort. Mais comme on le dit souvent, la vérité a toujours triomphé de ce qui n’est pas elle, même si de façon globale, la souillure a affecté toute la famille des porteurs de l’uniforme. Cette fois-ci nous osons espérer que justice sera véritablement faite, contrairement au cas du gendarme jaloux qui avait donné sept coups de poignard à un présumé amant de sa femme et qui serait encore en liberté, et cela en dépit de toutes les protestations de la victime