Survenue dans la nuit du mercredi 23 au jeudi 24 février 2012 sur la
route de Gaya, cette agression physique commise sur le nommé Abdul
rahman Seydou Abass ressortissant de la région de Dosso résidant en
Belgique, avait crée un grand malaise dans la grande famille des
porteurs de l’uniforme.
En effet, les différentes informations données par la victime sur ses
agresseurs, ne laissent guère de place à une quelconque équivoque sur
leur appartenance à l’armée ou à un corps paramilitaire. Pour un rappel
des faits, les deux bandits sont des militaires habillés pour la
circonstance en tenue de gendarme. Il s’agit des soldats de 2e classe
Mahamane Mourtala Hassane et Abdoulkader Magagi tous deux appartenant au
72e Bataillon d’Agali Dosso. Armés d’un P.A factice « en plastique »
suspendu à la hanche et d’une machette dissimulée sous la tenue, ils
étaient en apparence de vrais gendarmes.
Comme terrain de prédilection, ils avaient choisi le village de
Gouiwa à 15 km de Gaya où selon des témoins, ils se seraient montrés au
paravent nombre de fois. C’est donc à ce niveau que le malheureux
automobiliste a embarqué ses deux bourreaux pour destination Dosso.
Après quelques km de route, l’un d’entre eux demande au conducteur de
s’arrêter afin qu’il puisse faire ses besoins. C’est ainsi qu’ils le
tapèrent avec une bouteille à la nuque, le tirèrent du véhicule et se
mirent à le massacrer à coups de machette. Tombé, ils le trimballèrent
derrière le véhicule, en ajustant sa tête au niveau d’un pneu arrière et
tentent de faire marche arrière pour l’écrabouiller.
Mais Dieu étant le seul maître de chaque situation, ils tentèrent en
vain de mettre la marche arrière sans y parvenir. Constatant qu’ils
perdent du temps et le croyant déjà mort, ils le jetèrent dans les
broussailles et s’emparent du véhicule. A quelques km de Dosso, ils
quittèrent le bitume pour éviter de passer par le poste de police. Mais
dotée d’un système électronique méconnu de nos deux bandits, la voiture
tomba en panne au niveau du village de Kofadey. Ils font appel à un
électricien qui a tenté sans succès de remettre en route le moteur.
C’est ainsi qu’ils finirent par l’abandonner où elle fut retrouvée et
signalée par les villageois.
Pendant ce temps, transportée à l’hôpital régional de Dosso, la
victime a pu être sauvée de justesse où revenue à elle, elle a donné des
informations très précises ayant permis aux gendarmes de vite remonter
la piste à partir du village de Gouiwa. En effet, avant d’embarquer dans
le véhicule, un des militaires aurait demandé de l’eau à boire à un
villageois avec lequel, il semblait avoir des rapports. Plusieurs autres
personnes avaient confirmé la présence des deux malfrats dans le
village. C’est ainsi qu’une séance d’identification avait été menée à la
72e bataillon d’Agali en présence d’un des villageois qui a confondu
sans peine les deux militaires.
Ainsi devant les vrais gendarmes, les faux gendarmes ont reconnu sans
aucun détour les faits qui leurs sont reprochés. Cette grave affaire de
nature à aliéner la belle image de nos braves soldats, a
malheureusement été appréciée autrement par certains esprits assujettis à
la seule cause politicienne, et n’hésitant pas à mettre une forte
pression dans l’espoir d’obtenir la libération des deux militaires. Il
est vrai que l’impunité a encore de beaux jours devant elle dans notre
pays, mais nous éprouvons énormément du mal à comprendre qu’un homme
politique aussi de la mouvance soit-t-il s’arroge le pouvoir de protéger
des tueurs en puissance, pris en flagrant délit.
En effet, après que nos deux bandits aient avoué leur crime, des
coups de fils seraient venus de Niamey pour demander leur libération à
partir de la gendarmerie. Mais déjà saisies de l’affaire, les
juridictions compétentes ont fait déférer les deux bandits à la maison
d’arrêt de Dosso où ils ont été présentés au juge d’instruction le lundi
5 mars 2012. Ils sont accusés de vol de nuit en ré avec armes, commis
avec violence ayant laissé des traces de blessures. S’ils sont reconnus
coupables des faits qui leur sont reprochés, ils passeront de longues
années à l’ombre. Loin de salir nos braves soldats de ce bataillon, il
est quand même connu de tous, que beaucoup parmi eux jouissent de
mauvaises réputations, eu égard à certains comportements qui n’honorent
pas le métier.
Autres victimes collatérales de cette affaire, ce sont surtout les
gendarmes de Dosso qui ont beaucoup payé les frais, d’une triste
célébrité, car salis à tort. Mais comme on le dit souvent, la vérité a
toujours triomphé de ce qui n’est pas elle, même si de façon globale, la
souillure a affecté toute la famille des porteurs de l’uniforme. Cette
fois-ci nous osons espérer que justice sera véritablement faite,
contrairement au cas du gendarme jaloux qui avait donné sept coups de
poignard à un présumé amant de sa femme et qui serait encore en liberté,
et cela en dépit de toutes les protestations de la victime
mardi 3 avril 2012
Inscription à :
Articles (Atom)

